Sur les traces des pionniers – De Moab à Mesa Verde

Jeudi 06 août

Cette journée était sensée être une journée de transition vers le Sud du Colorado et la ville de Durango.

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Malheureusement, notre gang de photographe n’a semble-t-il pas eu assez d’arches les deux derniers jours et, dès la veille au soir, a commencé à s’en plaindre. Un rapide coup d’œil sur internet et nous découvrons une balade sympa à proximité de Moab, mais à l’extérieur des parcs. En plus, avec un nom comme Corona Arch, je me dis que je trouverais peut être une source de bière à proximité ! Nous nous rendons donc le long du Colorado, un peu après les pétroglyphes découvert hier pour le départ du sentier. Une petite rampe nous amène jusqu’à un chemin de fer à traverser pour commencer vraiment à s’aventurer dans une petite vallée.

 Pas de passage à niveau, j’utilise la méthode ancestrale des indiens.

Pas de passage à niveau, j’utilise la méthode ancestrale des indiens.

Au bout d’une demi heure de marche sur le rocher, nous arrivons à un nid de cairns, des centaines de mains malicieuses ont en effet empilé des cailloux plats. On sourit un peu mais ce n’est pas vraiment ce genre de paysage que l’on recherche en allant dans la nature. Pour cette randonnée, il n’y a pas vraiment de chemin mais pas non plus d’opportunité de sce perdre puisque les signes ne manquent pas pour indiquer la direction à suivre. Finalement, la petite vallée s’ouvre en un cirque et l’on peut, de loin pour le moment, observer les deux arches que nous sommes venus trouver.

Falaises, à l’aise, Blaise …

Falaises, à l’aise, Blaise …

S’ en suit les deux grosses difficultés de la randonnée. La première prend la forme de marche gravés dans la roche avec pour seule aide un mince filin métallique et cela sur une dizaine de mètre. Le seconde est carrément une immense échelle d’au moins 5 barreaux. Toujours plus loin, plus fort, plus vite, jusqu’au bout de l’extrême limite ! Nous arrivons devant la première arche, la Bow Tie Arch, qui possède une forme de puits enchâssée dans la paroi. Des traces d’érosion laissent penser que ce trou sce transforme en cascade les soirs d’orage. Loin d’être plate, cette paroi comporte des reliefs, des couleurs extravagantes devant lesquels on peut laisser l’imagination vagabonder comme on ferait pour des nuages.

:-)

🙂

Bow tie Arch, l’arche en nœud de cravate.

Bow tie Arch, l’arche en nœud de cravate.

Enfin, Corona arch apparait haute, ample, majestueuse. Posée au bord de la falaise un peu à la manière de Delicate Arch. Du fait de la randonnée et puisque nous ne sommes pas dans le parc nationale, nous pouvons l’observer à loisir sans trop être dérangés. Par contre, je me suis encore fait avoir : aucune trace de la fontaine de corona promise !

Corona Arch, l’arche préférée du président Chirac

Corona Arch, l’arche préférée du président Chirac

En passant sous l’arche, une pente assez lisse nous emmène jusqu’à un point de vue qui nous permet d’englober tout le trajet que nous venons de parcourir : assurément à ne pas louper. Pour résumer, la balade vers Corona et Bow Tie Arche bien qu’un peu hors des sentiers battus vaut vraiment le coup. Au total un heure et demi de marche sans réelle difficulté au niveau du dénivelé pour une belle récompense.

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Le temps de prendre une douche et nous prenons la route vers le Sud. A environ une heure et demi de route de Moab, nous repérons un point de vue sur la carte. Le Needles Overlook semble de plus posséder une aire de pic nic, parfait pour le midi ! Une longue ligne droite d’environ 25 kilomètres va donc nous emmener jusqu’au repas. Si la route peut paraitre ennuyante, attention au conducteur, vous n’êtes pas à l’abri d’avoir un troupeau de biche traverser devant vous.

La plus longue impasse du monde.

La plus longue impasse du monde.

Hé Mademoiselles, ça biche ?

Hé Mademoiselles, ça biche ?

Au bout de la route, nous nous retrouvons sur une falaise surplombant The Needles. Une des sections les plus sauvages de Canyonlands (difficile d’accès et peu aménagée). Complètement à pic, l’endroit est sécurisé et très bien entretenue (comme toujours aux USA en fait). Les vingt minutes de détour valent largement le coup tant la vue s’étendant à l’infinie laisse sans voix. D’ailleurs pour une fois, je me tais et vous laisse en juger …

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Deux heures de route nous attendent avant d’arriver au parc de Mesa Verde (le plateau vert en espagnol). Celui-ci se trouve au Sud-Ouest du Colorado. Si les parcs nationaux, surtout dans la région, sont protégés à cause du caractère exceptionnel de l’environnement, celui-ci est un peu spécial puisqu’il concerne d’anciennes constructions humaines. La région montagneuse, articulée autour de plusieurs vallées a été habitée de 700 à 1300 après JC par les indiens Anasazis dont nous avions suivi la trace en mai dernier au Nouveau Mexique. Habitant d’abord sur le plateau, les indiens ont finis par construire des maisons troglodytes avant de les abandonner en l’état pour une raison inconnue. Vous remarquerez surement une lumière étrange sur les photos, il faut savoir qu’un gros incendie était en cours à coté du parc et cachait parcellement la lumière du soleil, donnant une teinte jaune à tous les clichés pris.

La photo qui va bien avec Jeff.

La photo qui va bien avec Jeff.

 Les incendies, un des plus gros problèmes de l’Ouest Américain


Les incendies, un des plus gros problèmes de l’Ouest Américain

L’attraction principale de Mesa Verde, c’est de visiter les deux principaux villages troglodytes : Cliff Palace et Balcony House. Pour cela, des visites guidées sont organisés par les rangers du parc. Les billets ne sont pas réservables à l’avance et il faut les acheter directement au Visitor Center. Malheureusement pour nous, arrivant en milieu d’après midi, aucun ticket n’est disponible avant le lendemain après midi lorsque nous ne serons plus là. Qu’à cela ne tienne, il existe une habitation Spruce Tree House en visite libre. Une route scénique permet également d’observer du plateau les autres sites en contrebas.Si la région a principalement été proclamé parc national en 1906 par Theodore Roosevelt pour protéger les sites historiques, un massif montagneux de 211km² abrite aussi une riche faune que nous pouvons observer comme des biches, des dindons sauvages ou des rapaces.

Nous commençons par visiter le musée archéologique qui présente des collections des vestiges récoltés, et avec une belle scénographie explique l’histoire des populations locales. Après la théorie, la pratique. Dans un petit vallon, on accède après quelques minutes de marche à Spruce Tree House.

Spruce Tree House (la maison de l’épicéa)

Spruce Tree House (la maison de l’épicéa)

 Troisième plus grand village du parc, il a été construit vers 1250 et hébergeait entre 60 et 80 personnes. Partiellement rénové, on peut se balader au milieu des ruines des habitations et même descendre dans une kiva (chambre enterrée avec une fonction cérémonielle).

La place du village et la kiva où Hélène a joué aux spéléo-archéologues.

La place du village et la kiva où Hélène a joué aux spéléo-archéologues.

Notre motel pour la nuit (ou pas)

Notre motel pour la nuit (ou pas)

Nous empruntons la boucle du plateau, une route qui tout au long d’une quinzaine de points d’arrêt permet de comprendre l’évolution des habitudes des Anasazis. Plusieurs lieux de fouille (sur lesquels les scientifiques travaillent toujours) sont en effet protégé en l’état dans des hangars avec de nombreuses explications sur ce que l’on voit et de nombreuses reconstitutions. Le tout est très pédagogique, ne pas passer à coté !

L’intérieur d’une kiva.

L’intérieur d’une kiva.

Enfin le clou du spectacle, ce sont d’autres maisons troglodytes que nous découvrons. La première Square Tower House est dissimulée sous une avancée rocheuse. Elle a la particularité comme son nom l’indique de comporter une haute tour carré qui est le plus haut bâtiment du parc.

Square Tower House

Square Tower House

Enfin, Cliff Palace se dresse devant nous, long de 88 mètres, niché dans une alcôve de la falaise de grès. Nous voyons en son sein un groupe d’une cinquantaine de personnes en pleine visite. Les murs blancs, l’aspect immaculé et le côté encaissé du site font penser à un petit village pour miniatures, à une maquette. La communauté contient plus de 50 pièces et 23 kivas, et l’on estime sa population à environ 150 personnes durant les 100 ans où elle a été occupée. Redécouverte en 1888 par 2 cowboys, elle fait encore aujourd’hui l’objet d’un important programme de conservation afin de minimiser l’impacte du demi million de visiteurs annuels du parc.

Cliff Palace

Cliff Palace

Mesa Verde est résolument un petit parc national différent des autres. C’est peut être pour son coté historique qu’il es devenu l’un des préféré des américains, se distinguant des foules cosmopolites visitant Arches ou Yellowstone. Les ensembles troglodytes ont mis plus de 100 ans à être construits, pour être abandonnés sans explications 10 ans après la fin des travaux, figeant leur apparence pour des siècles. Un mystère qui, si besoin est, rajoute au charme des lieux.Nous reprenons la route dans la pénombre en direction de Durango où se trouve notre motel. Pendant son temps, la nature reprend ses aises dans Mesa Verde. Conducteurs, soyez vigilants et allumez vos phares, les rencontres sont toujours possibles sur les routes du Colorado !

On est pas bien ? Paisible, à la fraiche, décontracté du …

On est pas bien ? Paisible, à la fraiche, décontracté du …

2 réflexions sur “Sur les traces des pionniers – De Moab à Mesa Verde

  1. Il a eu raison d’insister le gang de photographe afin de profiter des ces beaux paysages tout au long de la journée, ce qui a rendu moins monotone cette longue journée de transition … et puis il n’a pas fallu insister très fort pour convaincre le gang des non photographes !

  2. Pingback: Ça glisse à Steamboat Springs ! | Mabouls de Boulder

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