Trip à Kanab(bis) : Gravés dans la roche.

Dimanche 28 mai 2017

Les choses sérieuses commencent.

Etant donné que nous sommes au milieu d’un weekend de 3 jours, nous avons choisis d’explorer des endroits un peu moins fréquentés que les parcs nationaux stars du secteur. Ce matin, un chemin bien connu nous attend puisque nous revenons au Wire Pass Trailhead, le parking duquel débute la randonnée vers The Wave. Mais aujourd’hui, pas de permis, alors on n’en fait pas de vague. On laisse donc la zone d’accès restreinte sur notre droite pour continuer dans le cours d’eau asséché (wash). C’est à peine 10 minutes plus tard que petit à petit les parois autour de nous se rapprochent et que nous nous présentons devant la gueule de la bête …

De toutes les matières, c’est le wash que j’préfère.

 Nous entrons donc dans Wire Pass. Ce petit (mais ce n’est pas la taille qui compte) canyon en fente offre une belle expérience. Les parois font plus d’une dizaine de mètres de hauteur et au fur à mesure que l’on s’enfonce, l’espace s’amenuise jusqu’à moins d’un mètre de largeur. Un obstacle au milieu du trajet rend la randonnée un peu périlleuse. Suite à un éboulement, un énorme rocher obstrue le canyon. Il faut l’escalader et le désescalader sur environ deux mètres pour continuer. On envoie Clément le plus agile en éclaireur. Au prix d’un beau travail d’équipe, tout le monde passe et on peut profiter de la suite. On se préoccupera au retour de comment sortir. Clairement, nous n’aurions pas pu passer juste à deux avec Hélène, c’est à savoir.

13 et 3 (indice : lire à voix haute pour comprendre la blague)

Heureusement que j’ai fait un régime.

Par ici la sortie.

 C’est après une trentaine de minutes (l’obstacle nous ayant un peu ralenti) que l’espace s’agrandit brutalement et que l’on arrive à la confluence de deux canyons : l’intimiste Wire Pass et le grandiose Busckskin Gulsh.  On récupère un peu de lumière dans l’affaire.  Avant de nous engager dans ce dernier, en direction du Sud, on observe dans une petite alcôve, sous une semi-arche, une petite frise de pétroglyphes. Ces marques rupestres laissées par les peuples indiens représentent ici principalement des animaux. Peut-être un appel aux dieux pour provoquer ou remercier une chasse fructueuse.

Confluence. @Clem

Probablement un lapin vue les longues oreilles.

 Après cet intermède pictural, nous entrons d’un pas décidé dans Buckskin Gulsh. Avec plus de 20 kilomètres de long, celui-ci gagne sans conteste le titre de plus long canyon en fente de l’ouest américain. Il serpente dans les strates de Navajo Sandstone en alternant des segments sombres et resserrées avec des passages monumentaux où l’on s’en rend bien compte de la profondeur des lieux. On se déplace alors dans un environnement gigantesque, où l’on sent tout petit.

Les slots canyons sont des lieux magnifiques de randonnée. Néanmoins il ne faut pas oublier que leur formation est due à la puissance des orages qui parcourent la région. Le visiteur doit bien faire attention aux intempéries avec de s’y engager. Quelques troncs d’arbres imposants, suspendus à plusieurs mètres du sol, entre les parois du canyon permettent de se rendre compte de la hauteur et de la violence des flots qui doivent se déchainer en période de flash floods.

Les débris charriés par une inondation express.

La famille d’aventurier. @Clem

La randonnée dans Bucksin Gulsh ne présente aucune difficulté si le passage est bien sec. Dans les passages étroits, une fraicheur bienvenue rend la balade agréable. Lorsque le soleil vient frapper le fond du gouffre en revanche, la chaleur est presque intenable. Ne négliger donc pas la quantité d’eau emportée, on reste dans le désert. Nous randonnerons environ 90 minutes avant de rebrousser chemin. Nous sommes bien loin de la confluence avec la Paria River qui est la fin naturelle du canyon. Néanmoins, nous aurons quand même eu un bel aperçu.

@PtitQuinquin

Petite anecdote, alors que nous avons rebroussé chemin, nous tombons sur une séance photo. Ce doit être un clip pour promouvoir la diversité car les mannequins sont de toutes les couleurs. Certain-e-s un peu agité-e-s peinent un peu à prendre la pause et les deux organisateurs semblent un peu dépassés. Après avoir pu enfin organiser leur composition à leur gout, la photo est enfin prise.

Une photo qui ne manque pas de chien. @PtitQuinquin

Au retour, juste avant d’entrer dans Wire Pass, nous repérons une série de cairns sur la falaise à droite du sentier. Les premiers mètres sont pentus, un peu casse gueule mais nous nous engageons sur cette piste. Rapidement, nous surplombant la fine fente que forme le canyon. Tout autour de nous, les reliefs colorés et torturés des Vermillion Cliffs. Comme un arrière-goût de The Wave dans le lointain. Si proche et si inaccessible : on essaie de ne pas trop en parler à nos compagnons, histoire de ne pas trop les dégouter s’ils n’obtiennent pas le permis jeudi prochain.

On est au fond du trou … @PtitQuinquin

Et voilà, nous sommes de retour au parking. Nous notons notre heure de sortie au registre que tout voyageur se doit de remplir en même temps qu’il paie la légère obole demandée (6$ par personne). Ce n’est pas vraiment la diversité des paysages qui vous emmène à Buckskin Gulsh mais plutôt la majesté des lieux. Se promener au fond du canyon est une expérience particulière où l’on oublie un peu l’environnement désertique. On a vraiment l’impression de se promener dans un lieu clôt mais que chaque courbe, chaque jeu de lumière rend inédit. Les occasions de faire des randonnées accessibles dans le Wilderness ne sont pas légions et Buckskin Gulsh en est une. Ne passez pas à côté !

Un autochtone lézardant à l’ombre.

Notre incursion le long de House Rock Valley Road n’est pas finie. Nous avons l’intention de sortir un peu des sentiers battus pour découvrir une nouvelle preuve de la présence indienne dans la région. Nous prenons donc la voiture en direction du Sud pour effectuer une dizaine de miles. Aux portes de la zone réservée de Coyotte Butte North, les flans d’une sorte de vallée désertique abritent The Maze Panel, le panneau au labyrinthe.

C’est tout droit.

Le labyrinthe, on se demande bien si ce n’est pas le dédale de broussaille qu’il nous faut traverser. Il n’y a pas de chemin entretenu mais plutôt une multitude de petites pistes tracée par les eaux dans le sable orangé. On slalome entre les cactus en direction de la colline en face, gardant le cap sur un haut rocher. C’est arrivé à son pied qu’un vrai sentier s’élève sur quelques virages. Je presse un peu le pas pour vérifier que l’on est bien au bon endroit avant de découvrir le trésor que nous sommes venus cherchés.

Indiana Jones n’a qu’à bien se tenir.

C’est en s’approchant qu’on distingue les détails sur cet immense tableau de pierre. Tableau, je ne choisis pas ce mot au hasard puisque c’est pour moi une véritable œuvre d’art ésotérique qui est érigée ici. La finesse et la complexité des dessins est saisissante. A son apex, le labyrinthe qui donne le son nom au lieu est impressionnant.  On se surprend à rêver aux nuits où surplombant la vallée, éclairée par un feu, ces signes ont été gravés. Un lieu envoûtant.

On a retrouvé le menhir d’Obélix.

Qui est le couillon qui a écrit sur les murs ?

Preuve formelle de l’existence des extraterrestres.

Une bien belle journée passée à la frontière de l’Utah et Arizona. Pourtant, j’ai comme un sentiment d’inachevé en rentrant vers Kanab. L’heure de la revanche a sonné alors que l’on reprend la route vers le Johnson Canyon. Nous passons devant l’endroit visité hier par erreur et ce n’est que quelques dizaines de pieds plus loin que nous nous arrêtons. Chacun reprend ses habits de marche, Clément à le temps de totalement exploser le portable de Mathilde et nous partons à l’aventure à travers la brousse.

Effectivement, les lieux semblent un peu plus prometteurs.

Comme hier, nous traversons un petit wash, puis c’est une colline qui est à escalader (et dans le sable, ce n’est pas facile) avant d’arriver devant le fameux massif de grès jaune. La lumière commence à décliner ce qui enflamme un peu la roche. Cette fois-ci, c’est la bonne, YOUPI !

YOUPI !

On attaque le petit massif par la droite histoire de ne louper aucun détail photogénique. Des petits monticules sont surmontés de pierre à la manière de cheminée des fées, on ne voit pas trop d’où ils sortent. Attention, les formations et le sol sont ici très friables. Il faut se montrer particulièrement méticuleux pour ne pas détériorer les lieux et les préserver au maximum.

Les dégradés de jaune sont complétement fous. Des sortes de vagues parcourent la roche de manière extravagante. Ambiance 50 nuances de jaune.

Le clou du spectacle, ce sont deux énormes chapeaux pointus (turlututus) et un pin parasol. Le paysagiste a bien fait son boulot et tout est parfaitement placé. Nous passons une quarantaine de minutes dans ce petit coin qui mérite bien un détour à la tombée du jour.

Des cônes pas.

Une butte prend un pin. (Facile la contrepèterie)

Le passage par la Johnson Road n’est pas que l’occasion de faire des photos. Nous sommes sur le point de résoudre l’énigme des dindons qui nous occupe depuis la veille. Vrai ou faux, nous ne sommes pas plus avancés, mais en tout cas, ils ne sont plus là !

Qui veut une bière ? Moi ! Moi ! @Clem

 

4 réflexions sur “Trip à Kanab(bis) : Gravés dans la roche.

  1. Mon dieu quelle belle journée. Nous aurions dû faire en septembre quelque chose de similaire… peut être pour bientôt… mais vous m’avez bien fait rêver… très très jolies photos… merci

  2. Très belle 1ère journée, car en premier on était réunis tous les 6, et cela c’était super .
    Et ensuite la diversité et beauté des 3 lieux visités ce jour-là, ce qui laissait présager que du bon et bonheur pour la suite du séjour

  3. Petit détail pour ceux qui feraient la rando seul ou à 2, le petit sentier qui nous a permis de prendre de la hauteur au retour, permet surtout d’éviter le passage délicat du rocher qui bouche le canyon.
    On peut le prendre à l’aller et/ou au retour et il est balisé avec quelques cairns facilement repérable

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