Déserts, Canyons et Hoodoos : De Bryce Canyon à Zion

31 Mai 2016

Le jour se lève sur notre campement.

Vide …

En effet, cela fait maintenant une heure que nous nous trouvons à Sunrise Point (littéralement le point de vue du soleil levant) pour regarder dans des conditions idéales l’astre solaire émerger de sa nuit réparatrice. Le spectacle ici ne se situe pas tant sur l’étoile elle-même qui apparait à l’horizon que sur l’amphithéâtre de hoodoos de Bryce qui peu à peu est éclairé par les chaudes lumières du matin. Magnifique, un must qui vaut bien quelques heures de sommeil en moins.

Et alors là, je dis :

Et alors là, je dis :

Que la lumière soit.

Que la lumière soit.

Que la lumière soit.

Et les lumières furent !

 Pendant qu’Hélène est sur la plateforme du point de vue, j’en profite pour descendre de quelques mètres dans le canyon afin de varier un petit peu les points de vue. Malheureusement, mon petit appareil photo n’est pas de qualité assez bonne et la photographe officielle refuse qu’on les mette sur le blog. Résultat, vous n’aurez droit qu’aux photos présentant l’envers du décor. Comme vous pouvez le constater, on est loin d’être tout seul !

C’est presque la Croisette !

C’est presque la Croisette !

L’artiste et son sujet.

L’artiste et son sujet.

 On rembarque dans la voiture en direction de Sunset Point, histoire de prendre un bon petit déjeuner et de profiter des toilettes avant de débuter notre randonnée matinale. Nous profitons de cette matinée ensoleillée, assis sur les bancs servant habituellement aux conférences des rangers sur la géologie. Les lieux hier si densément peuplés sont à notre disposition et nous ne sommes dérangés que par les écureuils, oiseaux et autres chipmunks. Les conditions sont parfaites pour un bon jus d’oranges pressées avec quelques baggels au nutella.

La terrasse du petit dej’

La terrasse du petit dej’

Les locaux viennent nous saluer et quémander quelques miettes.

Les locaux viennent nous saluer et quémander quelques miettes.

Ce n’est qu’une fois bien rassasiés que nous commençons à marcher le long de la rive du canyon pour retourner cette fois à pied vers Sunrise Point. Bien que le soleil soit déjà bien haut dans le ciel, la lumière rasante donne une teinte rosée assez irréelle aux différentes structures géologiques. Les pieds pâles des hoodoos sont presque rendus translucides et nous avons bien du mal à garder nos yeux concentrés sur le chemin.

Thor’s Hammer - le marteau de Thor

Thor’s Hammer – le marteau de Thor

Couleurs de oufs !

Couleurs de oufs !

Avec cette teinte rosée, les hoodoos ont l’air t’hoodoos.

Avec cette teinte rosée, les hoodoos ont l’air t’hoodoos.

La descente dans l’amphithéâtre débute, le sentier bien entretenu décrit de larges lacets pour nous permettre de passer au milieu des hoodoos. Plus littéralement, des tunnels percés le long du chemin permettent d’entrer littéralement dans le canyon. Autour de nous, outre les cheminées de fées, des arches de sable compressé se dressent. Nous sommes pratiquement seuls en cette heure très matinale et relativement fraiche. Nous avançons en silence, contemplant les statues naturelles qui nous entourent.

Une petite arche à l’entrée du Queen’s garden trail.

Une petite arche à l’entrée du Queen’s garden trail.

Un ou deux burgers de plus et ça ne passait pas en largeur…

Un ou deux burgers de plus et ça ne passait pas en largeur…

 Nous sommes maintenant au fond du trou, enfin plutôt de l’amphithéâtre. Les lieux forment un vrai labyrinthe et comme l’a dit ce bon charpentier mormon Ebenezer Bryce, colonisateur des lieux dès 1875, « helluva place to lose a cow » – fichu endroit pour perdre une vache !

Le vaisseau de pierre.

Le vaisseau de pierre.

Nos pérégrinations nous emmènent au sein d’un petit cirque entouré de structures blanches, aux arrêtes aussi ciselées que des dentelles.  En contre-jour, se dessine la silhouette d’une reine, celle-là même qui a donné son nom au Queen’s Garden où nous nous trouvons. A vous de deviner laquelle …

Her so british majesty, Queen Victoria.

Her so british majesty, Queen Victoria.

 Le trail se fait plus ombragé, des pins ponderosa viennent donner des touches de vert aux roches rouges. Parfois, les arbres sont même plantés en plein milieu du chemin, faisant concurrence aux hoodoos.

Ca donne pas envie de s’asseoir dessus !

Ça ne donne pas envie de s’asseoir dessus !

 Nous arrivons à une intersection avec possibilité d’enchainer sur une boucle d’environ 5 kilomètres toujours au fond du canyon. Malheureusement, nous avons un peu trainé au moment du petit déjeuner et nous ne sommes pas sûrs de pouvoir terminer la randonnée avant les 11h00 fatidiques, heure à laquelle nous devons vider notre emplacement de camping. Nous commençons donc à remonter en direction de la voiture.

C’est plus facile de trouver des pins que de bonnes baguettes par ici !

C’est plus facile de trouver des pins que de bonnes baguettes par ici !

Un air d’Indana Jones.

Un air d’Indana Jones.

 Nous arrivons dans la partie un peu difficile de la balade, une montée assez raide entre deux hautes murailles. L’endroit est surnommé Wall Street et effectivement, on se croirait dans la célèbre rue New Yorkaise, entourés de gratte-ciels. Heureusement, de larges lacets rendent la montée abordable pour chacun, du moment d’aller à son rythme. Personnellement, j’ai choisi de remonter au pas de course, à force de randonner tous les jours, j’ai la forme alors j’en profite !

La remontée à la surface se fait par palier.

La remontée à la surface se fait par palier.

 Au final, très bonne expérience que cette boucle alliant Queen’s Garden et une partie de Navajo Loop. On aurait d’ailleurs aimé la prolonger, ça nous donne une bonne excuse pour revenir. Nous avons parcouru les 5 kilomètres en un peu moins de deux heures et on recommande chaudement la descente dans l’amphithéâtre pour profiter pleinement de Bryce Canyon.

De retour à la tente, on a même un peu de temps pour se reposer un peu avant de quitter le parc. On fait un petit point sur la route que l’on va faire et qui d’un parc national à un autre, va nous mener jusqu’à Zion.

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Avant de quitter définitivement Bryce, nous nous rendons quand même à Fairyland Point, un point de vue à la sortie du parc pour admirer une dernière fois le canyon.

A la prochaine, sniff.

A la prochaine, sniff.

 Nous reprenons la route UT 12 qui continue à serpenter dans des environnements de pins et de roches rouges. On passe carrément sous la roche sanguine dans des tunnels très courts qui ressemblent à s’y méprendre à des Arches. C’est sans surprise que cet endroit s’appelle Red Canyon. On s’arrête une petite demi-heure au Visitor Center des lieux. Une petite balade de 20 minutes, le Pink Ledges Trail nous permettra de découvrir des hoodoos avec des contrastes de couleurs assez étonnants par rapport à ceux de Bryce, plus pastels. On remonte dans la voiture en direction de Zion, un petit détour nous mène jusqu’à Panguitch pour manger un excellent burger au Cowboy’s Smokehouse Cafe.

Les hoodoos rouges du Red Canyon

Les hoodoos rouges du Red Canyon

 Une petite heure de route plus tard pour Hélène, une bonne sieste pour moi, et nous arrivons à l’entrée Est de :

On triche un peu, c’est la photo de l’entrée Sud qu’on a pris le lendemain.

On triche un peu, c’est la photo de l’entrée Sud qu’on a pris le lendemain.

 Nous sommes sur la route UT9 qui relie les villages de Mt Carmel et de Springdale. Nous sommes bien descendus en altitude (de 2700m pour Bryce en dessous de 2000m ici) et les paysages tout comme la chaleur extérieure nous le font bien sentir. La route est vraiment agréable, s’enroulant autour de collines de plus ou moins hautes, dont la surprenante Checkboard Mesa aux stries horizontales et verticales bien visibles.

Echec et mat.

Echec et mat.

 Peu avant de traverser un long tunnel, la route présente un parking de chaque côté de la route. C’est le départ du Canyon Overlook trail, randonnée abordable avec une réputation très flatteuse. Attention, le nombre de place des parkings est limité alors n’hésitez pas à patienter un peu pour vous garer, la randonnée vaut vraiment le coup.

La randonnée débute par quelques marches qui permettent de s’éloigner rapidement du niveau de la route. Alors que celle-ci plonge dans les entrailles de la montagne, nous allons suivre les flancs d’un petit canyon. En contrebas s’écoulent les eaux timides de Pine Creek. A ma plus grande joie, nous observons une horde d’une dizaine de mouflons au frais à l’ombre des falaises.

Le chemin, sans dénivelé notable, se poursuit à flan de falaises. Certains passages nécessitent même des passerelles en bois qui ne sont pas pour me rassurer. Si les paysages sont vraiment grandioses, j’espère que le final vaudra vraiment le coup parce que je déteste ce genre d’acrobaties. Hélène, cela ne lui fait ni chaud ni froid, mais son soutien psychologique m’aide bien !

Pour le moment, ça passe …

Pour le moment, ça passe …

Mais bien vite, je dois me transformer en aventurier de l’extrême.

Mais bien vite, je dois me transformer en aventurier de l’extrême.

 Si le temps est clairement plus sec, la roche semble suinter dès lors qu’elle se retrouve un peu à l’ombre. Il en résulte une flore étonnamment développée au regard du climat aride. En ce début d’été, des mousses et même des modèles réduits de fleurs parsèment les flancs de falaise.

Avec cette chaleur, je me ferais bien une petite mousse.

Avec cette chaleur, je me ferais bien une petite mousse.

Flou artistique.

Flou artistique.

 Nous arrivons au bout d’une demi-heure sur un petit plateau. Le chemin s’arrête et pour cause, en face de nous le vide sur des dizaines de mètres nous offre une vue plongeante sur le canyon de Zion. Le paysage est grandiose, vertigineux et l’on s’assoit quelques minutes sous la chaleur suffocante pour le contempler.

Le choc !

Le choc !

 Une autre demi-heure plus tard, nous revoilà à la voiture, heureux d’avoir pu faire une marche qui restera comme l’une de mes préférées du road trip. Canyon Overlook est assurément à ne pas louper. Je pense qu’en fin d’après-midi, les couleurs sont encore plus belles.

On embarque pour le Visitor Center afin de poser une question sur la randonnée que je souhaite faire le lendemain, The Narrows. Les deux personnes qui nous précèdent pour parler au ranger semblent vraiment déçues, ces deux américains, un frère et une sœur se retrouvent sans endroit pour dormir puisque tous les campings du parc et même ceux de la ville de Springdale sont complets. On se transforme en bon samaritain et on les invite à partager notre emplacement. Ainsi ils seront au plus près pour essayer d’avoir le lendemain une place dans le camping premier arrivé, premier servi de Zion. Ils se lèveront à 5h00 pour y parvenir. La dernière place du parc étant donnée avant 7h00 !

Une fois nos tentes plantées, on se concerte avec nos nouveaux copains pour aller faire une randonnée ensemble. Notre choix se porte sur Emerald Pools et nous nous rendons donc à 4 vers le départ de la navette obligatoire pour circuler dans le canyon de Zion. Le système de bus gratuit est comme d’habitude très bien organisé et l’on attend à peine dix minutes avant d’embarquer vers l’arrêt Zion Lodge que nous atteignons en une vingtaine de minutes.

Le trail débute par un chemin le long de la Virgin River. La chaleur commence à diminuer, on est à l’ombre, au frais, les conditions sont agréables.

Rencontre avec la Virgin River

Rencontre avec la Virgin River

 Emerald Pools est une randonnée sensée nous mener vers 3 bassins Lower, Middle et Upper pools. Effectivement, on atteint rapidement la première petite piscine, alimentée par un petit filet d’eau descendant de la roche en fine cascade. Le chemin nous fait passer directement sous cette petite falaise et immanquablement quelques gouttes viennent nous rafraichir lorsqu’on s’y engage.

Lower Pool, cot cot.

Lower Pool, cot cot.

Il pleut, il mouille, c’est la fête à la ?

Il pleut, il mouille, c’est la fête à la ?

 La lumière décline dans cette partie du canyon, ce qui explique les photos un peu sombres que nous avons à vous proposer. Néanmoins, on peut d’ores et déjà avouer que cette randonnée ne nous a que modérément plu en ce qui concerne les 3 mares. Néanmoins, la marche offre des vues ébouriffantes sur les immenses falaises bordant le canyon de Zion et qui à elles seules valent l’effort. L’ambiance de la marche est assez agréable, avec beaucoup de familles qui l’emprunte. Celles avec les plus petits font d’ailleurs demi-tour en arrivant à Middle Pool.

Réflexion sur la pool (cot cot)

Réflexion sur la pool (cot cot)

Un raidillon nous conduit jusqu’à Upper Pool. Le plus haut des trois points d’eau se situe au pied d’immenses falaises en grès qui semblent infinies. On se sent littéralement écrasé par le mur qui se dresse devant nous. La garde de jour qui défend cette muraille se compose d’une cocasse compagnie de crapauds qui croassent continuellement.

La plage d’Upper Pool (cot cot)

La plage d’Upper Pool (cot cot)

C’est la fête à la grenouille !

C’est la fête à la grenouille !

 Comme si l’on n’avait pas assez marché aujourd’hui, on décide de se rallonger un peu le retour en empruntant le Kayenta Trail jusqu’à l’arrêt de navette The grotto. Le chemin est pratiquement plat, il longe en hauteur la rivière et offre de belles perspectives sur le canyon. Chemin faisant, nous découvrons un peu nos voisins d’un soir et nous nous échangeons des conseils sur nos road trips respectifs. Arrivés le long de la rivière, on en profite pour tirer le portrait d’une jolie biche. On notera que nous avons vu beaucoup de ces animaux, que ce soit au bord de la route, du sentier, des Visitor Center ou même du camping. Vraiment pas farouches les demoiselles.

Zion Canyon.

Zion Canyon.

Ne commences pas à me faire tes yeux de biche !

Ne commence pas à me faire tes yeux de biche !

 Après une journée ayant commencée avant l’aube, nous sommes vraiment au bout du rouleau. Pas de feu de camp ce soir, nous observons calmement le soleil se coucher sur le Watchman, cette charismatique montagne qui surplombe notre camping. Un bon plat de pâtes, et au lit de bonne heure : demain, on recommence sur le même rythme !

The Watchman veillera sur notre sommeil.

The Watchman veillera sur notre sommeil.

 

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