Déserts, Canyons & Hoodoos : LE Grand Canyon – Rive Nord

2 juin 2016

Quel bonheur de se réveiller, d’ouvrir les pans de la tente et laisser son regard plonger dans l’immensité du Grand Canyon. Bon, j’en rajoute un peu puisque devant nous, ce n’est pas vraiment le Grand Canyon qui s’étend mais The Transept, un petit canyon. Il n’en demeure pas moins que notre emplacement est tout simplement splendide. Nous décidons d’en profiter un peu, de prendre notre temps quitte à supprimer la randonnée vers Cape Final que j’avais prévue. On en profite également pour faire quelques courses, une lessive et prendre une douche bien méritée au camping.

L’emplacement 6 du North Rim Campground

L’emplacement 6 du North Rim Campground

Le Transept depuis le campsite.

Le Transept depuis le campsite.

 Une fois propres, lessivés, et néanmoins reposés pour la deuxième moitié du road trip, nous décidons d’emprunter pendant quelques minutes le North Kaibab Trail. Ce sentier, mythique s’il en est, permet au bout de 23 km d’atteindre les rives du Colorado, au plus bas du canyon. Rassurez-vous, nous n’en ferons aujourd’hui qu’un peu plus d’un kilomètre. En une vingtaine de minutes d’un sentier forestier nous arrivons à un promontoire, le Coconino Overlook d’où nous avons une invraisemblable vue vertigineuse sur le Bright Angel Canyon. La remontée est un peu plus longue, surtout qu’il nous faut slalomer au milieu des crottins de chevaux, ces gros ongulés ayant truffés le sentier de leurs gastriques offenses.

Cocorico ! Ah non …

Cocorico ! Ah non …

Au bord du gouffre.

Au bord du gouffre.

  Le panorama était magnifique mais nous n’apercevons pas encore l’auteur ayant commis ce magnifique canyon. Nous reprenons la voiture et empruntons une route scénique pour tenter d’apercevoir notre suspect excavateur.

Le premier point de vue, le point Impérial, nous permet d’englober la partie en amont, on aperçoit jusqu’aux falaises de Lee’s Ferry le pont le plus proche permettant de traverser le canyon. On voit vraiment la déchirure qui serpente dans le plateau de Colorado. D’ailleurs c’est là qu’on se rend vraiment compte de la petitesse du fleuve face à l’immense gouffre qu’il a creusé. On est vraiment saisit par l’impression de grandeur et les panoramas déjà grandioses qu’on a vu la veille près du camping nous paraissent maintenant presque intimiste.

En bas de ce point impérial, 1,7 milliards d’années vous observent.

En bas de ce point impérial, 1,7 milliards d’années vous observent.

Le Mt Hayden au premier plan.

Le Mt Hayden au premier plan.

  Les férus de l’Ouest ne reconnaitront pas forcément les photos de ces points de vue et pour cause, la rive nord du Grand Canyon ne capte qu’environ 10% des presque 5 millions de visiteurs annuels du parc. Les raisons de ce relatif désamour sont plurielles : moins d’infrastructures touristiques, région plus isolée, un peu hors des circuits touristiques.

Nous arrivons maintenant au Roosevelt Point du nom du président qui a donné son statut protégé au canyon (qui initialement n’était « qu’un » monument national). Les couleurs des différentes strates sont ici plus marquées, chacune correspondant à un âge géologique.

Roosevelt Point.

Roosevelt Point.

 On arrive tout au bout de la route avant que ne s’ouvre la terre, aux limites du Walhalla Plateau. Devant nous, une plateforme surmonte une petite arche, comme un écran qui s’ouvre dans la falaise. Le film projeté cet après-midi est plutôt contemplatif, il s’agit d’une vue fixe du canyon.

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Angel’s Window

Un chemin nous emmène jusque sur la plateforme rocheuse au-dessus de l’arche. Plutôt étroite, elle est par contre parfaitement sécurisée et on peut profiter en toute confiance de la vue plongeante sur le canyon.

Dis canyon : pouet pouet !

Dis canyon : pouet pouet !

Nous arrivons après quelques minutes de marche jusqu’au point le plus au sud de la rive nord (oula, il faut suivre !), Cap Royal. Encore une fois la vue se passe de commentaire. Petite nouveauté, nous distinguons ici avec plus de facilité les eaux troubles du fleuve Colorado. Il en a fait du chemin depuis le petit ruisseau qu’on enjambe à quelques miles de Boulder.  La rive nord, plus haute que la rive sud permet d’avoir une vision presque à perte de vue.

Nous quittons le Grand Canyon NP après environ 3 heures sur cette route scénique qui parcourt le Walhalla Plateau. Les lieux sont vraiment magnifiques et nous avons définitivement un bon choix en privilégiant la rive nord, moins visitée. Le détour pour atteindre cette partie du parc est substantielle lorsque l’on parcourt les parcs de l’Utah, attention donc à pouvoir consacrer une journée et demi minimum pour cette étape.  Un petit au revoir aux bisons et nous reprenons la direction de Page, au Nord Est d’où nous sommes.

Encore un râleur en train de ruminer !

Encore un râleur en train de ruminer !

 Un peu plus de 3 heures de route nous sépare de notre camping du soir.

Des forêts qui bordent la rive Nord, on revient aux paysages arides de désert. Des falaises rougeâtres se dressent à l’horizon, ce sont les Vermillon Cliffs que nous parcourront demain.  Au niveau de Lee’s Ferry, nous traversons le Colorado sur un pont, le Navajo bridge, surplombant le canyon encore minuscule en ces lieux.

Là, je crois qu’il faut aller tout droit.

Là, je crois qu’il faut aller tout droit.

 Nous arrivons au niveau de Page et bien qu’un peu pressés, (on veut arriver au camping tôt pour monter la tente avant la nuit) nous prenons le temps d’une petite visite. Pour continuer dans la thématique « trou profond au milieu duquel coule le Colorado » , nous avons prévu de faire la marche menant aux falaises surplombant Horseshoe Bend. On gare la voiture sur un parking largement rempli, avec notamment 2 bus qui déversent leurs touristes. Ça commence bien …

Le trajet consiste à monter puis redescendre une colline dans un chemin sablonneux. La principale difficulté est liée à la chaleur et à l’absence d’ombre. En une douzaine de minute, nous arrivons au bord du vide pour découvrir un méandre du Colorado dont les eaux ont ici une couleur irréelle. Le site n’est pas vraiment protégé et on voit quelques personnes prendre des risques un peu inconsidérés pour faire le selfie qui va bien. On frissonne un peu devant ces comportements avant de se laisser submerger par le côté irréel des lieux.

Le coude en fer à cheval (traduction littérale).

Le coude en fer à cheval (traduction littérale).

 Quelques minutes de marche et on revient à la voiture. On reprend la route en direction de l’Ouest, vers l’Utah. Après le petit village de Big Water, on emprunte une piste sur quelques kilomètres au milieu du désert. On arrive au White House Trailhead and Campground, un camping vraiment primitif et inoccupé au milieu de bosses de sandstones roses. Le confort est au minimum : une petite table, un coin pour faire le feu et quand même des toilettes. Le camping est basé sur la confiance, pas de rangers ou de cahute à l’entrée, une petite boite sur le parking recueille un petit formulaire à remplir et une enveloppe avec les 6$ pour la nuit !

A peine le temps de monter la tente sous un fort vent, et nous prenons plaisir à assister au coucher du soleil sur les rochers. Un moment magique qui vient clôturer cette magnifique journée et laisse présager d’une encore plus belle pour le lendemain.

Une réflexion sur “Déserts, Canyons & Hoodoos : LE Grand Canyon – Rive Nord

  1. Rhaaaaaa mais pourquoi je ne suis pas là-bas, moi !!!! En tout cas, si un jour j’y vais, je ne manquerai pas de relire votre blog pour me donner des idées de balades 🙂 ! Bravo pour les photos mais aussi pour les commentaires très intéressants et vraiment savoureux… à votre image 😉 !!!

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