Sur la terre des cactus : Thanksgiving sur la route.

24 Novembre 2016

En ce jour de Thanksgiving, fête chérie des américains basée sur le partage, nous quittons notre vie sédentaire dans Big Bend pour reprendre la route. Nous allons exhumer le passé dans la ville fantôme de Terlingua. Nous allons ensuite sillonner une partie de la frontière sud du Texas en traversant le Big Bend Ranch State Park. Nous allons visiter brièvement la ville excentrique de Marfa. Nous allons enfin prendre ce repas de Thanksgiving si important dans la ville de Van Horn.

Les Chisos Mountains ne sont rapidement plus qu’un point dans notre rétroviseur alors que nous quittons Big Bend NP par la sortie ouest. Un petit arrêt à la station essence avant d’arriver à Terlingua nous permet de faire l’acquisition de deux compacts disques de chanteurs locaux pour nourrir l’autoradio. La journée se déroulera donc avec des accents country dans les oreilles. C’est bercé par les voix rauques des cowboys que nous entrons dans la vielle ville fantôme.

Welcome to Terlingua. Tequila, Sexo, Marijuana.

Premier arrêt pour trouver ces spectres, le cimetière aux pierres blanchis par le soleil et aux croix narguant l’horizon. C’est assez étrange de faire du tourisme dans un tel lieu de mémoire, mais l’atmosphère mélancolique des lieux est vraiment prenante. Ne manquent que les hurlements lugubres des coyotes. Nous déambulons entre les tombes en silence.

Par respect par les personnes enterrées là, je m’abstiendrai exceptionnellement de faire des blagues pour légender les photos.

Terlingua, ancienne ville minière, est née au milieu des années 1880 lorsque du cinnabar a été trouvée dans les collines du désert du Chihuahua. Du cinnabar , késako ? Ce n’est pas un concept de débit de boisson où son projeté des films mais une espèce minérale a partir duquel est extrait le mercure. Une compagnie des mines, la Chisos Mining a fait érigé cette ville pour ses employées avant que des faillites successives ne renvoient Terlingua à la poussière. Quelques ruines subsistent et témoignent de ce passé au milieu des collines colorées.

Splendide 2 pièces, lumineux, cuisine ouverte.

« Ah, elle va marcher beaucoup moins bien, forcément ! »

Aujourd’hui la ville de Terlingua revit petit à petit. Elle est le repaire de plusieurs guides qui aident à découvrir Big Bend par Jeep ou canoe mais aussi de quelques artistes un peu marginaux. De l’extravagance, il en faut décidément pour prendre asile dans ces lieux si arides. Pour preuve : Terlingua est chaque année, le lieu du championnat du monde de Chili Con Carne. Avis aux amateurs. Autour de petites maisons rénovées, quelques œuvres d’art métaliques, créatures oniriques du désert, donnent vie au village.

Nous quittons Terlingua par l’Ouest en longeant le Rio Grande. La première partie de notre voyage nous amènera donc vers la ville de Presidio. La route que nous empruntons répond au doux nom administratif de FM 170 (non, ce n’est pas une station de radio) et au nom un peu plus poétique de Carmen del Rio (chemin de la rivière). Cette route scénique s’étend sur 100 kilomètres absolument désertiques au sein du :

Le long de la rivière la route s’élève et redescend en passant de vallée en vallée. A chaque fois que nous franchissons l’apex d’une colline, des vues panoramiques s’offrent à nous, toutes plus belles les unes que les autres. Depuis l’un des premiers points de vue, on observe au sein du Madera Canyon, une aire de pique-nique pour le moins originale.

Mais que sont ces points blancs ?

Juste une aire de repos un peu a-teepee-que.

Difficile de décider qui mérite le plus de qualificatifs entre la rive américaine ou la mexicaine. On découvre de vrais paysages à chaque zig, de nouvelles couleurs à chaque zag. Même la couleur du fleuve semble changer en passant d’un bleu laiteux jusqu’à des verts émeraudes. Paisible, le Rio Grande suit son cours sous les cactus qui peuplent les montagnes alentours. Cette route 170 est vraiment spéciale et c’est sans nul doute un bon choix que nous avons fait pour notre retour vers la civilisation. Petit coup de cœur, vous l’aurez compris.

Notre prochain arrêt va nous permettre de nous dégourdir un peu les jambes. Le Rio Grande possède quelques affluents qui, périodiquement et selon les précipitations, lui amène un apport d’eau. C’est dans le lit d’un de ses tributaires que nous allons parcourir quelques centaines de mètres. Le Closed Canyon est une étroite gorge asséché en ce jour aux hautes parois grises. Nous entamons sa visite.

On part à l’aventure.

Le fond du canyon est marqué par une alternance de poches remplies d’eau, de gravillons, voire de bancs de sable. Quelques arbustes et fleurs ont réchappés des violentes inondations éclaires qui peuvent se produire dans ce genre de canyon en fente. Quelques rochers et marches un peu hautes ponctuent la visite, mais pour le moment, rien d’impassable.

C’est au bout de 20 minutes que les problèmes commencent. Un gouffre, d’au moins deux mètres de profondeur, et surtout plein d’eau s’ouvrent devant nos pieds. Martin joue aux funambules et parvient à peine à passer l’obstacle. Autant dire qu’il est juste impensable pour nous de réussir pareil exploit. On profite du retour pour faire un peu d’acrobaties quand même.

Rando à l’horizontale.

LA PHOTO DE GROUPE !

Cette petite sortie dans le canyon nous aura permis un échappatoire d’une heure à notre journée de Thanksgiving sur la route. Nous avons été relativement seuls lors de la visite et il se dégage une belle atmosphère de ce petit canyon. Nous décidons de laisser une petite marque de notre passage à l’entrée du sentier. Nous mettons quelques cailloux en équilibre, éphémère totem. S’il risque de disparaitre au prochain orage, le souvenir de nos instants au Texas sera lui indélébile (instant poésie) …

Petite partie de Jenga à l’état sauvage.

La Zénitude.

Dernier petit arrêt au sein du Big Bend Ranch SP, le Hoodoos Trailhead. Il s’agit d’un site où de nombreux hoodoos blancs (ou cheminées de fées) surplombent les rives du Colorado. On ne ressent pas trop l’envie de marcher sur ce sentier, une longue route nous attend et l’on ne souhaite pas trainer. On se contente juste du point de vue.

Belle découverte que cette route scénique et ce petit parc d’état. Pour le voyageur assez téméraire pour s’aventurer jusqu’à Big Bend NP, il s’agit d’un détour somme toute assez court et qui vaut vraiment le coup.

Le Bryce Canyon texan …

Nous allons continuer à longer la frontière jusqu’à la petite ville de Presidio. Puis c’est en direction du Nord que la route nous mène. Alors que nous atteignons Marfa, nous devons nous soumettre à un contrôle douanier. Devant l’impossibilité de rendre poreuse la large frontière entre USA et Mexique, les services américains préfèrent se concentrer à mettre des checks points sur les axes routiers principaux, à environ une cinquantaine de kilomètres de la bordure entre les deux pays. Tout le monde est en ordre, circulez y’a rien à voir ! Le douanier un peu surpris de voir une voiture si cosmopolite en profite pour nous parler un peu de sa grand-mère qui vit en Allemagne.

Nous nous arrêtons à Marfa, ville perdue au milieu du Texas mais également un centre mondial de l’art contemporain. En ce jeudi férié, tout est fermé dans la ville et malgré une promenade d’une petite heure dans la cité, nous n’avons pour une fois pas de photographie vraiment intéressante à vous présenter. On se console par contre en s’arrêtant au bord de la route.

Eolienne dans la pampa.

Toujours en retard à la SNCF.

Flou artistique.

Nous arrivons en fin d’après-midi dans la petite ville texane de Van Horn. Nous dormons dans un motel de chaine, le Quality Inn. Propre et relativement éloigné des routes fréquentées. Placée en bord d’autoroute, Van Horn ne présente aucun charme ou caractères. Tout au plus quelques fresques rehaussent des bâtiments un peu décrépis.

The lone star flag of Texas

En ce jour de Thanksgiving, tout est fermé et l’on sillonne les rues pendant de longues minutes avant de trouver un restaurant mexicain. Malheureusement, il ne sert que des crevettes sauce cocktail devant le match de football américain. On repart chercher autre chose. Le diner se déroule finalement dans un Wendy’s, un fast food, où nous sommes aux prises avec le terrible Double Baconator : à part Hélène, pas de dinde pour nous au repas (#attentionalagiffle).

Il va falloir bien randonner demain pour éliminer toutes ces calories.

Gastronomie et légèreté.

Happy Thanksgiving.

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