Trip à Kanab(bis) : Dernier tour de piste.

Vendredi 2 juin 2017

Pas trop de courbatures après la longue journée de marche de la veille. Nous traînons quand même un peu au lit pendant que le reste de la troupe se prépare pour partir à l’assaut de The Wave. Ils ont vraiment eu de la chance au tirage, comme quoi, cela peut vraiment arriver.

De notre côté, nous passerons la journée en amoureux en Utah. Nous allons explorer différents sites du Grand Staircase Escalante National Monument, cet immense espace protégé du sud de l’état. Ce parc a d’ailleurs récemment fait l’actualité puisqu’il a été littéralement démantelé sur ordre présidentiel. Espérons que ces ressources soient quand même protégées dans le futur.

Nous sortons une fois de plus de la ville en direction de Page. En chemin, on s’arrête au Visitor Center de Kanab afin de discuter avec les rangers de l’état des pistes. On a le feu vert pour prendre le tire fesse, euh le 4*4.

Notre premier arrêt n’est pas très loin de The Wave. Quittant la Highway 71, on s’engage sur la White House Trailhead Road où nous avions campé l’an dernier. Un très bon souvenir. On s’arrête au bord d’un wash (cours d’eau asséché) et dans lequel on s’enfonce afin de se dégourdir les jambes. Fin mai est vraiment la meilleure période pour marcher dans le désert au sud de l’Utah, les fleurs sauvages sont magnifiques.

Blooming desert

Si le cœur du wash est constitué de sable en grain, il est bordé de sable un peu plus figé d’une belle couleur grise. Vous commencez à avoir l’habitude des surprenantes lignes qui habillent les dunes de sandstone. Ici encore, on peut observer de beaux exemples. Outre la géologie, on fait aussi un peu de biologie en rencontrant la faune du désert. Si les rochers serpentent, notre beau lézard préfère lézarder au soleil.

Maître lézard sur un arbre perché…

En un petit quart d’heure, on arrive devant le Nautilus. C’est une formation géologique en forme de coquillage assez dure à décrire. Du wash, on voit une fissure dans la butte de grès comme l’ouverture d’un slot canyon très étroit. Ses murs sont très lisses, clairs avec des veines jaunes. En gravissant la bosse dans lequel le Nautilus s’est formé, on comprend mieux le nom. L’aspect enroulé ressemble étonnement à une carapace de mollusque. Hélène se casse un peu la tête pour faire les photos, d’autant plus que la lumière n’est pas franchement réjouissante aux alentours de midi.

Le plus petit slot canyon du monde.

Le Nautilus est loin d’être quelle conque.

On reste dix minutes sur place, avant de repartir sous la chaleur écrasante. Petit site secondaire, le Nautilus ne vaut pas forcément le voyage mais reste néanmoins surprenant. On se demande vraiment comment une forme aussi tarabiscotée peut avoir été formée naturellement. Il paraît que juste qu’il y a quelques années, le dôme au-dessus du coquillage était beaucoup plus refermé mais qu’une partie s’est écroulée sous son propre poids. En plus du Nautilus, les paysages alentours offrent de belles compositions.

Autour du Nautilus, une belle composition.

Nous reprenons la route vers l’ouest et Page jusqu’à l’entrée de la Cottonwood Canyon Road, la piste qui va constituer notre excursion principale de la journée. Nous pénétrons dans le :

Nous allons emprunter la route sur une trentaine de miles, soit environ 50 kilomètres. Cette piste que nous trouverons assez facile à conduire, en bon état, a été construite pour la maintenance d’une ligne électrique reliant je ne sais trop quoi avec je ne sais pas trop quoi. C’est la diversité des paysages rencontrés tant par leurs formes que leurs couleurs qui rend la navigation passionnante.

En piste.

La roue longe une faille géologique appelée the Cockscomb. Les masses ont été soulevés de manière spectaculaire et la piste a été tracée en suivant ces extravagances. De larges pyramides surplombent la route de manière surprenante. Cockscomb se traduit littéralement par crête de coq, des crêtes avec des angles particulièrement marqués.

Et je roule …

Roule …

Roule

Ce qui est vraiment frappant ce sont les différences des terrains qui ont été soulevés pour former les reliefs. On a de multiples couleurs, différentes textures avec des végétations plus ou moins prononcées. Tout au long de la piste, on suit la ligne électrique, c’est un peu rageant au niveau des photos où il faut parfois ruser avec les cadrages. Il faut faire des efforts pour ne pas garder la ligne !

A l’ouest, derrière la première rangée de colline, on aperçoit Yellowrock, un énorme dôme rocheux jaune. Nous irons l’explorer un peu plus tard.

Yellowrock fait son timide.

Le Cockscomb.

Un truc blanc.

Nous arrivons à la partie la plus AMAZING de la balade, Candyland, le pays des bonbons. La route se part de rose-rouge, on dirait un long ruban de guimauve. Les formes sur le bas-côté ne sont pas moins étonnantes avec des couleurs bien pétantes. Malheureusement, le passage est assez court et l’explosion se termine bien rapidement.

Que se cache-t-il derrière la bosse ?

Une peinture sucrée, une belle c’route.

Il est pratiquement 14h lorsque nous arrivons à Grosvenor Arch, le point le plus boréal de notre périple après 1h40 de route. Cette arche est suspendue sur un piton rocheux jaune à une cinquantaine de mètres du sol. Elle ne tire pas son nom d’un gouverneur avec un peu trop d’embonpoint mais constitue un hommage à Gilbert Grosvenor, le premier éditeur du magazine National Geographic. Nous déjeunons sur une table de piquenique ombragé au pied de l’arche avant de faire les quelques mètres qui nous en sépare pour quelques photos.

 

 

Nous reprenons la Cottonwood Canyon Road en sens inverse. Pendant la plupart du trajet, la piste suit un cours d’eau asséché la Cottonwood Creek. Ce large wash est néanmoins bordé de peupliers qui donnent leur nom à la route (Cottonwood = peuplier). Ils donnent une touche de vert et de nature dans ces environnements désertiques. Si le chemin est agréable dans ce sens également, j’ai trouvé que les paysages les plus spectaculaires se découvraient plus aisément en roulant vers le nord.

Oasis verte.

Nous enchainons avec la seule vraie randonnée de la journée, la marche vers Yellowrock. Nous nous arrêtons donc au bord de la piste et traversons la rivière asséchée pour nous retrouver devant une montée au dénivelé presque inquiétant. Le chemin de chèvre est réputé escarpé et il est vrai qu’à son pied on se demande même si l’on ne s’est pas trompé. On s’engage sur les rochers roulants en tentant tant bien que mal de garder notre équilibre.

Gare à la chute.

Après cette ascension courte mais périlleuse, nous atteignons une sorte de plateau. Derrière nous, nous surplombons le Cottonwood Canyon. Devant nous se dresse le dôme jaune imposant de Yellowrock. On ne peut pas vraiment le louper tant il est immense, pas question de se perdre comme hier donc.

Après une montée loin d’être coton.

Yellowrock s’est caché sur cette photo. Le trouveras-tu ?

Comptez une vingtaine de minute pour traverser l’étendue sableuse qui vous sépare de la calotte rocheuse. La pierre est ici bien plus solide que le sandstone que nous avons rencontré ces derniers jours. Alors que nous arrivons au bord de la colline, les quelques nuages disparaissent comme par enchantement et la lumière de fin d’après-midi embrase Yellowrock. Les veines s’illuminent, les fissures apportent un relief subtil et les jaunes sont nuancés et intenses. On peut suivre le ruissellement que doit avoir l’eau et les minéraux qu’elle transporte par quelques traces blanches ou rouges tranchant avec la monochromie du roc. Quelques éléments de décor viennent contraster les 50 nuances de jaune, Hélène mitraille et s’en donne à cœur joie.

Le ciel se recouvre, le soleil se cache et la pierre jaune devient un peu moins intéressante à explorer. On passera une grosse demi-heure sur Yellowrock avant d’entamer la redescente. En une quarantaine de minute, on rejoint la voiture. La descente est vraiment périlleuse, les bâtons sont très utiles et on n’hésite pas à utiliser nos fesses et nos 4 membres pour gagner en stabilité. On arrive sur le plancher des washs sans encombre malgré quelques dérapages moyennement contrôlés.

Et pourtant, j’ai une bonne descente.

C’est vraiment un détour très sympa et qui clôture de manière admirable la journée sur la Cottonwood Road. Avec des conditions parfaites comme l’on a eu toute la journée, on a vraiment pu profiter de la visite. Les paysages sont assez fous et particulièrement variés tout au long de la route. On recommande vraiment. Privilégiez à mon avis la fin de journée pour avoir de belles lumières qui enflamment un peu plus toutes les couleurs présentes. On a préféré le parcours de la route à l’aller en allant vers le nord, l’enchainement des paysages et les points de vue sont à mon sens plus sympas.

De retour à Kanab, on retrouve le reste de l’équipe pour débriefer leur journée à The Wave. Pour la dernière soirée dans le gite, on profitera une dernière fois de la terrasse autour d’une bonne bouteille de champagne importée de France.

Cheers ! Santé !

 

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