Crystal Mills & Hanging Lake


17 juin 2017

Le camping du weekend est une véritable institution au Colorado. Les places sont donc chères ! Dès le premier janvier, à l’ouverture des réservations, nous avons mis des options sur quelques campings tout au long de l’été.

En cette fin de juin, alors que la nature s’est allégée de son blanc manteau hivernal, le vert reprend ses droits. Dans son écrin de montagne, notre première destination, le petit village de Marble ne nous laissera pas de marbre …

Les vendredis pré-camping ne sont pas forcément les plus productifs pour moi. Il est à peu près 16 heures lorsqu’Hélène et Irene, une copine espagnole, se présentent à mon bureau.  C’est parti pour 4 heures de route sur la I70, l’autoroute des montagnes (et des bouchons) qui s’enfoncent dans les Rocheuses, directement à l’ouest de Denver. A la nuit tombée, nous prenons possession de notre emplacement au Bogan Flat Campground, dans une forêt de trembles bordant un tumultueux torrent. La grande gastronomie n’est pas de mise : montage de tentes, gonflage de matelas, pâtes au pesto, lavage de dent et au dodo.

Pour sa première nuit de camping, tout s’est bien passé pour Irene. Après un bon petit déjeuner, nous parcourons la dizaine de kilomètres qui nous séparent de Marble et du départ de la randonnée vers Crystal Mills.

Autochtones accueillants …

 

Il existe plusieurs manière d’accéder au bâtiment historique : excursion en jeep, VTT et celle que nous avons choisie, la force de nos mollets. On passe le petit Beaver Lake à la sortie de Marble et après un kilomètre quelques emplacements le long de la route permettent de laisser la voiture. C’est parti !

Le début de la marche est la partie la plus difficile. Sur environ un kilomètre, une montée assez soutenue met notre souffle à rude épreuve (surtout pour Hélène mise en délicatesse par les pollens printaniers). Pour couronner le tout, les quelques jeeps qui parcourent la piste soulèvent des nuages de poussière un peu étouffant. Pas vraiment l’idéal. Je vous rassure, la piste va rapidement se retrouver couverte de cailloux et de graviers qui élimineront ce désagrément.

Les à-côtés de la piste nous permettent de surplomber plusieurs cascades. Les montagnes entourant la vallée de la Crystal River se laissent photographier avec grâce. Quelques fleurs parsèment les talus et offrent à Hélène de produire quelques unes de ces compositions favorites.

 

Quelques fleurs printanières.

 

On s’enfonce entre les montages.

 

Qui veut piquer une petite tête ?

 

Notre effort est récompensé par le Lizard Lake et ses eaux cristallines (et fraîches). Le lac est entouré de forêt de sapins et niché au milieu des sommets encore partiellement enneigés. Plutôt sympa ces paysages lacustres. Nous longeons les rives pendant une dizaine de minutes, distinguant des truites dans l’eau. Le calme n’est troublé que par les vrombissements des libellules.

Publicité mensongère : nous ne verrons aucun lézard.

Un embranchement laisse le choix entre explorer le Lead King Basin ou rejoindre la Crystal River. C’est ce que nous faisons. Le chemin descend graduellement jusqu’à s’arrêter au niveau de l’eau. En cette fin de période de fonte des neiges, le courant est particulièrement puissant, les flots impétueux. Chemin faisant, nous croisons la base d’un couloir d’avalanche encore rempli de neige. Celui-ci est constellé d’énormes rochers et de troncs d’arbres arrachés, laissant aisément deviner la puissance du phénomène. On continue tranquillement dans la vallée, observant sur l’autre rive les hauts sommets partiellement enneigés et la myriade de cascade qui dégringolent le long des pentes.

Piste noire

 

Crystal cristalline. STALINE.

 

Colorado Avalanche.

 

Beau comme la Yaute …

Après un peu plus de deux heures de marche, nous arrivons enfin devant Crystal Mills. Ce bâtiment est reconnu comme l’un des plus photographiés du Colorado. Il faut dire que le paysage est photogénique au possible.

La vénérable bâtisse en bois se dresse sur un dramatique éperon rocheux, au-dessus d’une petite cascade. Dans le lointain, on distingue de hauts sommets.

Tout autour de nous, une forêt de tremble, paré de leur nouveau feuillage colore le tableau d’un vert éclatant qui contraste avec les troncs blancs. Ces bosquets se parent à l’automne de couleurs dorées qui attirent les photographes du pays entier. On est vraiment dans un paysage de carte postale.

Mais au fait, qu’est-ce donc que cette Crystal Mills ?

Sans surprise, il faut replonger dans le passé minier du Colorado. Bien qu’ayant l’apparence d’un moulin, le bâtiment est en fait une station de compression. En simplifiant, le courant de la rivière fait tourner les roues à aube qui produisent l’énergie nécessaire pour alimenter un compresseur. L’air sous pression était alors envoyé vers les mines pour faire marcher les marteaux piqueurs des mineurs. Il faut dire que la ville de Crystal était un lieu où l’argent dans un premier temps, puis le cuivre et le zinc étaient extraits en quantité. Nous nous dirigeons d’ailleurs vers ce qui est aujourd’hui une ville fantômes, située à seulement dix minutes de Crystal Mills.

Un cliché pas du tout cliché…

Chalet pas passer outre cette blague.

Prospère entre 1880 et 1917, avec son bureau de poste, ses journaux, son saloon et ses hôtels, il ne reste aujourd’hui qu’une grosse dizaine de bâtiments debout. Quelques habitants y résident encore pendant l’été. Nous engageons la conversation avec le propriétaire d’une petite librairie. Il nous parle un peu de l’histoire de la ville, de la vie actuelle des villageois. Hélène profite d’un abreuvoir à colibris pour photographier les mignons et rapides colibris avant que nous fassions un petit tour des lieux. On retrouve quelques chalets à louer. Un bien bel endroit pour se déconnecter quelques jours et profiter de la nature au calme.

Pas de réseau.

 

Colibries (de Meaux)

Il nous faudra environ 2 heures pour rejoindre la voiture à Marble. Au centre du village, un restaurant à l’air bien attirant, le Slow Groovin VVQ. On se contentera d’une bière seulement, salivants devant les assiettes de viande fumée et grillée qui traverse la salle. Peu importe, au camping, nous aurons aussi droit aux grillades au feu de bois !

Le dimanche matin, nous levons le camp pour retourner vers Boulder. La route ne se fera pas sans un arrêt. Nous dépassons Glenwood Springs pour nous lancer dans la randonnée vers Hanging Lake. Ce chemin est très fréquenté et les places de parking sont denrées rares. Nous attendrons une quinzaine de minutes pour en trouver une libre, ne baisser pas les bras si le parking est plein, le site vaut vraiment le coup. Sous une chaleur écrasante, nous empruntons le chemin/piste cyclable longeant le Colorado au niveau de l’eau. Pour les Froome en herbe, il faut savoir qu’une belle voie permet de relier Glenwood Springs à Denver sur votre bicyclette. Fatiguant rien qu’à l’écrire.

Joli promontoire.

 

Vél’eau au fil de lo.

 

 

S’en suit une heure d’ascension dans une forêt de résineux, nous suivons et traversons plusieurs fois un petit ruisseau. Heureusement qu’il amène un peu de fraicheur car la pente est assez rude. Cela nous permet de respirer un peu. Les pauses photos ou l’observation des chipmunks (petits écureuils mignons tout plein aussi appelés tamias) qui pullulent dans les rochers donnent également de bonnes excuses pour faire des pauses.

Parsemés d’escaliers, les derniers décamètres de la montés sont les plus soutenus. Ils offrent néanmoins de belles vues sur le canyon que nous venons de gravir.

Petit regard sur le chemin parcouru.

Enfin, nous arrivons au Hanging Lake. Des plateformes en bois permettent de canaliser la « foule ». L’eau verte émeraude, translucide est magnifique. La retenue naturelle est alimentée par un réseau de cascades éparses. Issue principalement de la fonte des neiges, l’eau qui ruisselle forme un écosystème fragile. Par conséquent, la baignade est interdite dans ce jardin d’Eden. L’eau est tellement claire que des troncs d’arbres immergés sont visibles comme si ils avaient été déposés à la surface. Le tableau est pur, parfait, presque à l’excès. Tout autour de nous, ça mitraille.

 

 

Avant d’entamer la redescente, nous faisons un détour par Spouting Rock, la cascade qui principalement aliment le lac. Le flot est intense, offrant une agréable brute lorsque l’on s’approche de la chute. Une alcôve sous le torrent permet de voir l’envers du décor. Les moussons sont ici abondantes alors attention aux glissades lorsque l’on tente de rejoindre l’autre rive. Ce détour est au final assez spectaculaire pour un minimum d’effort nécessaire. La descente, puis le retour vers Denver et Boulder seront sans fait notable.

Spouting Rock.

 

Une douche bien méritée après la rando.

 

Les deux endroits explorés ce weekend sont éminemment touristiques et iconiques. Ce n’est pas sans raison qu’ils sont visités par autant de personne. Crystal Mills et Hanging Lake sont un peu les archétypes réunissant tout ce que l’état a à offrir : torrents tumultueux, hauts sommets, vestiges de la ruée vers l’or (et l’argent) ou lacs d’altitude. On est loin d’être hors des sentiers battus, certes, mais c’est le genre d’endroit « à visiter » lors de la découverte de notre bel état. On est content d’avoir utilisé notre weekend à bon escient.

Une réflexion sur “Crystal Mills & Hanging Lake

  1. Votre passion pour le camping … qui l’aurait parié après les premières expériences à Pont d’Uf …..
    Super de pouvoir profiter autant de vos week-end

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