SOUS la terre des cactus : Carlsbad Caverns NP & les routes du Texas

20 Novembre 2016

Notre première nuit en chambre partagée s’est bien passée : pas de gros ronfleur dans l’équipe, enfin sauf peut-être moi-même mais je n’en sais rien, je dormais.

Au programme de la journée, la visite des Carlsbad Caverns NP, puis une route à travers le Texas en direction du Sud et du site historique de Fort Davis. Nous passerons la nuit dans les Davis Mountains attenantes au fort, sous la toile de tente cette fois-ci.

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Le petit déjeuner frugal est bien vite expédié et nous partons prestement et même un peu trop rapidement puisque j’en oublie le road book du voyage sur le toit de la voiture. Il y gagnera quelques cicatrices de guerre et nous y perdrons quelques minutes à devoir rebrousser chemin (premier oubli sur le toit d’une longue série …).

Bon gré, mal gré, nous arrivons tout de même à l’entrée du premier parc national du séjour, le :

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Les lieux, proclamés parc national en 1930, accueillent aujourd’hui près de 410 000 visiteurs par an qui s’enfoncent sous la terre pour visiter les grottes les plus profondes du pays descendant jusqu’à environ 500 mètres sous la surface.

Dans un premier temps, la route qui mène au visitor center suit les méandres d’un petit canyon dans une végétation aride faisant la part belle aux cactées. Bientôt quelques virages en épingle nous permettent de gravir les parois de la petite vallée et c’est sur le plateau que nous garons la voiture. Avant d’aller acheter nos entrées pour le parc, nous profitons de la vue surélevée pour observer les environs.

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On monte pour mieux descendre …

Aujourd’hui, on descend donc à la cave. Le parc de Carlsbad Caverns est un parc bien largement sous-terrain. Pour $10 par personne, nous allons opter pour une visite sans guide des grottes. Deux choix pour descendre dans les entrailles du Nouveau Mexique : les ascenseurs et la Natural Entrance ou entrée naturelle qui nous emmène dans la salle principale par un chemin d’environ deux kilomètres qui correspond au parcours historique emprunté par les premiers explorateurs.

Un amphithéâtre a été construit autour de l’entrée et permet aux visiteurs d’assister à un spectacle unique. Durant l’été, tous les soirs, des milliers de chauve-souris quittent en effet leur résidence diurne afin de partir chasser les insectes dans les cieux obscurcis.

Plongée dans la bat cave.

Alors que peu à peu la lumière du soleil faiblit, nous suivons le chemin nous conduisant dans notre voyage au centre de la terre. C’est par ce corridor que le découvreur et premier explorateur, un jeune cowboy du nom de Jim White précéda nos pas en 1898. En plus d’être spéléologue, le jeune homme se trouva un businessman avisé qui a rapidement eu l’idée d’exploiter les dépôts de guano formés au cours du temps par des chauves-souris pour le moins incontinentes.

Plus besoin de descendre par l’échelle et heureusement.

Rapidement dans notre descente, les premiers stalagmites (qui montent) et stalactites (qui tombent) sont mise en valeur par l’éclairage artificiel.

Pendant presque une heure et demie, nous descendrons en alternant les passages dans des chambres étendus et des boyaux plus étroits. On alterne plusieurs virages en épingle et des marches sur plus de 300 mètres de dénivelés, c’est fatiguant mais bon pour les fesses ! La température doit tourner autour des 15 degrés, on a bien fait de garder nos manteaux. Cela faisait quelques années que je n’avais pas visitées de grottes et je suis assez émerveillé des concrétions calcaires que nous croisons, de leurs formes extravagantes.

Voyage au centre de la Terre.

Nous arrivons à proximité des ascenseurs mais sans les rejoindre. Nous empruntons le chemin qui nous fait faire le tour de la Big Room. La taille de la salle fait qu’elle porte bien son nom, plus d’un kilomètre de long, 200 de large et une hauteur supérieure à 75 mètres en son plus haut point. Les stalag-t-m-ites sont ici impressionnants. Certains se sont rejoints et forment d’immenses piliers auprès desquels on se sent minuscules. Difficile de croire qu’ils se sont formés goutes à goutes, milligrammes de calcaire par milligrammes de calcaires au long de millions d’années. En un sens, la grotte est encore vivante et en perpétuelle évolution, les bruits cristallins des gouttes d’eau sont autant de battement de son cœur qui la font grandir.

D’humeur sombre.

Au bout d’une heure et demie de plus, nous avons vu de nombreuses formations et comme d’habitude les américains sont imaginatifs lorsqu’il s’agit de les nommer : le théâtre des poupées, l’homme des cavernes, le temple du soleil ou le théâtre chinois par exemple.

The Chandelier

The totem pole

The Sheep Balls

A la sortie de ce monde enchanteur, on retombe brutalement dans la réalité mercantile américaine : une boutique, une cafeteria et même des toilettes entourent les ascenseurs à près de 300 mètres de profondeur sous la surface. Faut bien s’occuper lorsqu’on fait la queue pour remonter !

Carlsbad Caverns National Park a été pour moi une belle surprise. J’ai vraiment apprécié de pouvoir découvrir les grottes à mon rythme, sans être à la queue leu leu derrière un guide comme c’est souvent le cas dans ce genre de visite souterraine. La taille hors norme des lieux, rehaussés par un habile système d’éclairage rend l’expérience assez bluffante et l’on ressort émerveillés de cette cathédrale calcaire. Il faut bien l’avouer, on ne vient à Carlsbad que pour visiter les caves et la demi-journée consacrée à leur découverte vaut largement le détour.

Nous reprenons la route en longeant une chaîne de montagne et rapidement rejoignons la ligne de démarcation d’un nouvel état, le Texas. Nous longeons le Guadalupe Mountains National Park, mais la visite sera pour un peu plus tard dans la semaine, sur la route du retour. Nous en profitons tout de même pour prendre un déjeuner très venteux sous la silhouette impressionnante d’El Capitan.

A droite, le Guadalupe Peak, point culminant du Texas (2 667 m).

El Capitan ad hoc.

L’estomac plein, nous débutons les 3 heures de route qui doivent nous mener vers l’hébergement du soir. Nous nous enfonçons dans le Texas en prenant plein Sud en direction de Van Horn, Valentine puis Fort Davis. Il fait une chaleur infernale sur la route et pour cause, nous longeons la Diabo Serra, la chaîne du Diable. Les montagnes de Lucifer sont vraiment photogéniques avec la longue route rectiligne qui la longe, on en profite pour faire les idiots et quelques photos.

Sierra Diablo.

La Subaru et ses sexys playmates.

Cours Forest, cours !!!

Le prochain intérêt est pour le moins intriguant. Sur la route 90, à une cinquantaine de kilomètres de Marfa se dresse, au milieu du désert, une boutique pour le moins étonnante. Nous découvrons un tout petit bâtiment avec en présentoir une vingtaine de chaussures seulement pour les pieds gauches et quelques sacs à mains ! La marque n’est pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit de la boutique Prada de Marfa. Nous sommes en fait devant une œuvre d’art d’Elmgreen & Dragset, un duo d’artiste contemporain scandinave. Beaux joueurs, les responsables de Prada ont offert le matériel d’exposition aux artistes. Ouverte le 1er octobre 2005, la boutique est laissée à l’abandon et se veut être un témoin de notre époque consumériste.

Au milieu des ranchs …

Sous le soleil du désert …

La boutique Prada de Marfa vous accueille !

La route continue et l’on pourrait la croire monotone avec ces longues lignes droites. Néanmoins, on trouve toujours un point d’intérêt, que ce soit les énormes yuccas, les montagnes à l’horizon ou tout simplement la très photogénique bande noire d’asphalte ornée d’une ligne jaune très flashie. On s’arrête régulièrement pour profiter des paysages … et faire marcher les appareils photos.

Nous retrouvons la civilisation dans la petite ville de Fort Davis, la petite ville s’est construite autour d’un fort militaire établie ici à partir de 1854. Situé en marge des Davis Montains, les bâtiments militaires sont aujourd’hui préservés et animés par le service des parcs nationaux. Nous arrivons environ 45 minutes avant la fermeture du site et nous n’aurons donc que le temps d’une visite assez superficielle.

Le fort a été originellement construit afin d’apporter de la sécurité aux colons, marchands ou courriers qui rejoignaient la Californie par la route du Sud-Ouest. Les convois étaient sous la menace constante des guerriers apaches ou comanches au point qu’une centaine d’hommes constituaient la garnison du parc.

Après la guerre de Sécession, le fort fut peuplé par un des premiers régiments constitués exclusivement d’afro-américains. Ces unités furent surnommés les buffalos soldiers par les indiens Kiowa et est rentré dans l’imagerie populaire par le biais d’une chanson de Bob Marley.

Pas de problème de cadrage.

Aujourd’hui, au milieu des ruines et de fondations, près de 25 bâtiments ont été restaurés et sont visitables, que ce soit les dortoirs des troupes ou les maisons plus cossues des officiers. Du matériel d’époque habille les bâtiments qui témoignent de la dure vie de ces soldats. Si les conditions climatiques rendaient leur mission difficile à l’époque, la belle fin de journée que nous vivons donne des couleurs et une ambiance bien agréable aux lieux. Le site choisi pour dresser le camp est lui exceptionnel, en bordure de montagne, à l’entrée d’une petite vallée et le terrain est largement arboré. Une belle étape culturelle sur notre route vers Big Bend et le Rio Grande.

Nous n’avons pas beaucoup de route à faire pour trouver le lieu de campement pour la nuit au sein du Davis Mountains State Park.

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Montagne, c’est un bien grand mot pour parler des collines dans lesquels nous allons passer la nuit. Les campements comme souvent ici sont propres et assez grands. Des arbres apportent de l’ombre même si en cette fin de journée, nous n’en avons pas beaucoup besoin. Une fois le camp monté, les filles décident de se reposer un peu. Avec Martin, nous partons pour une randonnée d’une petite heure pour regarder le soleil couchant depuis le haut de la montagne en face (bizarrement, après l’avoir escalé, la colline devient montagne …). Bon, les hommes ne sont pas photographes dans l’âme alors vous n’aurez pas de preuve par l’image de la beauté des lieux. Nous sommes de retour à la nuit tombée pour trouver la table mise et le repas cuit : nos femmes sont bonnes à marier !

On ne fait pas vraiment long feu,  la journée de demain va démarrer bien avant l’aube et il faut reprendre des forces.

AAAAHHHHH, c’est quoi ce début de tonsure ?!?

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