Trip à Kanab(bis) : Montrer poche blanche.

29 mai 2017

Vous avez apprécié Coyote Butte South ?

Vous avez aimé Buckskin Gulsh ?

Vous avez adoré The Wave ?

Vous en voulez encore ?

Ça tombe bien, on retourne dans le secteur de Vermilion Cliffs NM pour la journée. Le site que nous allons visiter s’appelle White Pocket, une incongruité géologique de plus dans la région. La route pour y accéder est longue, sablonneuse et pas forcément évidente en matière de navigation. Nous allons donc passer par un outfitter, une entreprise de guides avec des véhicules adéquats. Nous avons choisi Paria Outpost avec qui nous avons déjà été visité Coyote Butte South l’an dernier. Susan, la propriétaire, se rappelle d’ailleurs de nous et nous avons même droit à une petite réduction !

Notre guide pour la journée, Mike, va nous conduire pendant deux heures sur des pistes plus ou moins hospitalières. Ancien cowboy, ancien photographe animalier basé dans les environs de Yellowstone, je reste pendant deux heures suspendus à ses lèvres à écouter ses aventures. En tant qu’amoureux des grands espaces et des animaux, je trouve le personnage fascinant. Heureusement, parce que la route est longue et il faut bien s’occuper. Tout au plus sommes-nous interrompus dans la monotonie du voyage par quelques ouvertures de portail à bétail le long de la piste. J’enfile alors mes bottes et mon stetson pour aller jouer au ranchero.

Enfin, nous arrivons au parking de White Pocket. Notre groupe sera composé de 8 personnes et 2 guides. En plus de nous 6, un père et son fils explorent la région dans un voyage pour les 10 ans de ce dernier.

Étant encore au printemps, le désert est en fleur et c’est au milieu des jaunes Mule-Ears que nous commençons à distinguer les reliefs convoités.

A fleurs de roche.

On commence une visite assez systématique du site d’ouest en est.

Tout n’est qu’entrelacs, torsades, rondeurs. Les couleurs du site sont bien entendus le blanc mais aussi un nuancier allant du rouge vif au rose pâle. On dirait un immense plateau de nougat onctueux déposé là par un pâtissier facétieux.

Sur un plateau.

Alors White Pocket, ça vous branche ?

Du nougat je vous dis !

Le pin perdu.

Les paysages exceptionnels de White Pocket sont longtemps restés inconnus pour les touristes parcourant la région. Ils n’étaient pas totalement secrets pour tout le monde. Les cowboys locaux connaissaient depuis longtemps ce plateau où des poches d’eau (les fameuses pockets) permettaient au bétail de se désaltérer. Nous avons d’ailleurs la visite de quelques bovins dont les robes noires se détachent sur le fond blanc.

C’est vachement beau.

On retrouve les brain rocks typiques de la région.

Amazing de partout !

On commence à avoir vu pas mal de choses dans la région mais je pense que White Pocket peut remporter l’oscar des roches les plus torturées de la région. On se croit vraiment sur une autre planète dans un univers minéral très lointain. Les couleurs tranchent vraiment avec les teintes du désert.

Hoodoo solitaire.

Y’a autant de bourrelets que dans un McDo.

La vie s’accroche comme elle peut.

 Avant de prendre déjeuner avec vue sur les étendues du plateau des Vermilion Cliffs, nous descendons dans une petite faille jusqu’à une sorte de petit amphithéâtre naturel. Sur l’un des murs une sorte de coquillage immense nous permet de jouer les perles.

Huitre gratinée.

Vous prendrez bien une petite mousse

L’huitre et ses perles.

A sa sortie, de nouveaux reliefs nous épatent. Sous une de ces extravagances, j’offre à Hélène la vision d’une rose. Saint Valentin oblige.

Contemplateurs contemplatifs contemplant.

Peut-être le plus beau massif à mes yeux.

Mignonne, allons voir si la rose …

Le repas, fourni par Paria Outpost, est vite expédié. On est venu ici pour en prendre plein les yeux pas forcément pour se remplir la panse. Nous continuons notre surprenante déambulation sur le plateau. Mike, notre guide, en profite pour donner des conseils de prise de vue et de réglages aux trois photographes du groupe.

Le second guide (dont j’ai oublié le nom) nous explique quant à lui un peu plus ce qu’il se passe d’un point de vue géologique, ce qui a présidé à la création des lieux.  Il nous présente notamment les moqui marbles, ces petites pierres sphériques recouvertes d’oxyde de fer. On ne les trouve qu’à deux endroits différents, dans les massifs de Navajo Sandstones du Southwest et sur Mars ! Emprisonnée au cœur du grès, elles sont découvertes au fil de temps par l’érosion pour enfin se libérer, délivrer et rouler vers d’autres aventures.

On s’éloigne un petit peu du centre du plateau pour découvrir une alcôve dans la falaise qui borde le site de White Pockets. La traversée de quelques bancs de sable nous permet de découvrir une nuée de papillon monarque. Ces insectes font ici étape dans leur longue migration allant du centre du Mexique jusqu’au nord du continuent américain.

L’effet papillon.

Sous l’alcôve, nous découvrons de nouveaux pétroglyphes ainsi que quelques artefacts indiens. C’est sympa mais bien moins impressionnant que le panneau du labyrinthe que nous avons vu hier.

Alcove fleurie.

Encore un troupeau de lapins.

Retour vers la voiture et réminiscence de notre escapade dans White Sands. Nous traversons une large étendue de sable blanc immaculé. Par contre pas de grain, le sable est solidifié et bosselé, formant comme un gros tas d’oreiller. Seules quelques traces formées par le passage ininterrompu des troupeaux de vache troublent les lignes arrondies et douces de la pierre.

Que dire au final à propos de White Pocket ?

Tout d’abord, le site est sans conteste un paradis pour les photographes. La roche que ce soit par sa couleur, ses formes alambiquées ou ces détails tortueux est d’une originalité folle. Hoodoos, tepees, brain rocks, on retrouve toutes les formes caractéristiques du Paria Canyon, sublimées ici par les nuances pastelles des couleurs. Même quand on se contente de regarder, on est assez facilement subjugué par ces entrelacs multiples. De ce point de vue, c’est sans conteste un endroit a ne pas louper.

Je mettrai quand même trois bémols à la visite, d’une part, le site est assez petit et son exploration relativement rapide (on est reste trois heures mais en vérité, pour des non photographes, deux seraient largement suffisantes). D’autre part, je n’ai pas vraiment ressenti de sentiments d’aventures dans cette découverte, la découverte se fait un peu clé en main à cause du caractère guidé de la visite et du fait que 5 minutes à peine après être sorti de sa voiture, on découvre déjà ces merveilles. Enfin, il parait que c’est plus joli après un orage puisque de nombreuses poches se remplissent d’eau et permettent de belles réflexions. J’en connais une qui aurait apprécié !

Nous avons eu la chance qu’il n’y ait pas grand monde ce jour-là, Mike notre guide nous racontait que certains jours, 4-5 groupes se partageaient le plateau.

Quoi qu’il en soit, White Pocket mérite largement une visite – surtout si on n’a pas la chance de découvrir l’une des Coyote Buttes.

Afin de couper un peu la route du retour, les guides nous ont prévus une petite pause pour découvrir une jolie arche perdue dans le désert Double Barel Arch. Une vingtaine de minute sur une piste en sable nous emmène jusqu’à un promontoire au sommet duquel une arche sombre et torturée est perchée. On escalade jusqu’à la formation rocheuse pour regarder le paysage à travers cette double fenêtre naturelle. C’est plutôt sympa.

Nous finissons cet arrêt d’une petite heure en remontant le chemin avec Mike. Celui-ci, mettant à profit son expérience de photographe animalier nous lira les empreintes dans le sable et nous expliquera comment les interpréter. Un moment très sympa.

Une lynxette et son petit.

S’en est fini de cette belle excursion que je recommande volontiers. Pour notre part, comme tous les jours, nous finirons la journée dans notre jardin de Kanab autour d’un bon barbecue !

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